Le square du Temple

Le square du Temple

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Il s’étend là où se dressait la tour du Temple. Il porte en lui l’image de la puissance fracassée des Templiers et, bien plus tard, celle de la royauté sacrifiée par la Révolution. Pourtant, ce square se révèle aujourd’hui plus bucolique que mélancolique.

Au XVIIe siècle, la principale attraction du jardin du Temple est un marronnier d’Inde qui passe déjà pour le plus beau et le plus grand du pays. Deux siècles plus tard, il garderait encore, selon Victor Hugo, « la renommée d’être le père de tous les marronniers du royaume ». La nuit venue, ses vénérables feuillages abritent des fêtes légères, aussi éloignées de son passé prestigieux que de son avenir lugubre…

Des Templiers au Dauphin

En effet, au XIIIe siècle déjà, les chevaliers de l’ordre du Temple occupaient les lieux : les murailles de l’enclos du Temple couvraient alors 130 hectares. Après la disparition des derniers Templiers; dont leur maître Jacques de Molay, en 1314, l’enclos passa aux mains de l’ordre de Malte…

Au XVIIe siècle, le tracé des murailles est modifié, on y construit un palais. Dans son Histoire amoureuse des Gaules , en 1666, Bussy-Rabutin raconte comment le jardin est transformé en théâtre à la belle étoile : » L’éclat de mille bougies que les feuilles empêchaient de s’échapper rendait une lumière si vive en cet endroit que le soleil ne l’eût pas éclairé davantage ». Las, en 1792, les lumières de l’Ancien Régime se sont éteintes. la forteresse du Temple devient une geôle, et son jardin la seule promenade permise aux prisonniers.. Et pas n’importe lesquels : les membres de la famille royale. C’est là que mourra le Dauphin, le petit Louis XVII.

Un saule pleureur

L’Empire venu, Napoléon fait détruire et raser la tour du Temple, chargée de trop de souvenirs. Des bénédictines du Saint-Sacrement s’installent sur le site. La légende veut qu’à son retour d’exil, l’ex-Madame Royale, la fille survivante de Louis XVI et de Marie-Antoinette, vienne s’y recueillir et y plante un saule pleureur. Après la Révolution de 1848, les bénédictines quittent les lieux qui servent de caserne à l’état-major de la garde nationale… jusqu’à l’avènement du second Empire et la multiplication des squares chers à Napoléon III.

La création du square du Temple fait d’emblée partie des missions de Jean-Charles Alphand, qui l’aménage devant ce qui devient à la même époque, la mairie du IIIe arrondissement. Créé en 1857, il n’a rien perdu de son charme. Avec son kiosque à musique, ses arbres exotiques, ses bosquets et ses massifs, sa pièce d’eau où barbotent des canards et sa cascade tombant de rochers, importés de Fontainebleau, ce paisible jardin ferait oublier qu’il a fleuri sur un site de bien sinistre mémoire.

Adzuna
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